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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 14:00
Les tarifs de la traduction*

L’un des critères principaux qui détermine le choix d'un traducteur est sans nul doute le coût. Le premier mouvement est bien sûr de s’adresser dans la majorité des cas aux prestataires les moins chers. La plupart des agences de traduction facturant au mot, la comparaison semble facile. Mais d’abord, posons-nous les questions fondamentales.

Quelle est la différence entre une agence de traduction et un traducteur indépendant ?

L’agence de traduction :

  • gère plus de langues puisqu’elle travaille avec de nombreux freelances à travers le monde.
  • peut être plus réactive car elle dispose de plusieurs intervenants dans une même combinaison linguistique. Il est donc extrêmement rare qu’une agence décline un projet par défaut d’effectif.
  • s’appuyant sur sa base de données, elle peut monter des équipes de traducteurs pour réduire les délais sur les gros projets urgents.
  • toutes les traductions qui lui sont confiées sont relues par un linguiste distinct
  • elle recherche le/les traducteur(s) adéquat(s) en fonction du domaine de vos documents (financier, informatique, juridique, médical, technique etc.)
  • traduit un nombre limité de combinaisons linguistiques
  • travaillant seul, sa capacité de travail est limitée à sa vitesse de traduction
  • ne peut se relire lui-même
  • Notons que certains traducteurs forment des collectifs ou des groupes afin de se relire les uns les autres et gérer ensemble des projets importants. Cependant, un traducteur ne peut pas être à la fois traducteur et chef d’un même projet, l’une des fonctions pouvant être exercée au détriment de l’autre.
  • Les traducteurs indépendants ont des domaines de spécialisation et ne peuvent pas traduire dans tous les domaines
  • La combinaison linguistique
  • Le domaine
  • Le délai
  • Le volume
  • qu’on vous l’ait recommandé
  • que cela entre dans son domaine de spécialisation
  • qu’il traduise vers sa langue maternelle
  • que vous fassiez vous-mêmes appel à un relecteur
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 14:05
Traduction de documents techniques

La traduction technique est très importante et peut s’avérer très pointue. Il s’agit de domaines où chaque terme et chaque mesure revêtent une importance cruciale et où l’erreur n’est pas permise car elle pourrait être lourde de conséquences.

De très nombreux domaines sont concernés par cet aspect de la traduction. Cette liste n’en énumère que quelques-uns :

  • textes d’ingénierie
  • modes d’emploi de machine outils, ou de tout autre type de machine
  • descriptifs et fiches techniques
  • normes
  • brevets
  • cahiers des charges
  • devis.

La traduction technique exige non seulement des compétences linguistiques, mais aussi des connaissances approfondies du domaine traité.

Les textes s’adressent souvent à des spécialistes et la méconnaissance des expressions consacrées peut, à raison, provoquer un rejet de la part du lecteur.

Des termes techniques anglais (dont l’équivalent existe pourtant en français) sont souvent utilisés tels quels en français et la traduction technique confine également parfois à la traduction informatique.

Un traducteur technique doit posséder, outre ses connaissances, une importante documentation (revues, dictionnaires, ouvrages spécialisés, etc.) et, bien souvent, les personnes spécialisées en ce domaine possèdent une formation autre que celle de traducteur.

Ils sont ingénieurs, informaticiens, médecins, techniciens, etc. et ont décidé de réorienter leur carrière vers la traduction par amour des langues.

Ces personnes maîtrisent les sujets traités dans les textes qu’elles traduisent et le font très souvent mieux qu’un traducteur ayant une formation générale et ne connaissant que peu de choses au domaine abordé.

C’est en cela que nous pouvons vous aider, en déterminant la personne la plus apte à traduire vos documents.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 16:24
TRADUCTION ASSERMENTEE, JUREE ou CERTIFIEE

D’après le syndicat national des traducteurs français (SFT). Le terme correct est traduction CERTIFIÉE. On ne peut pas dire d’une traduction qu’elle est «assermentée », ce qui présumerait qu’elle a prêté serment… Il est admis aussi de dire «traduction effectuée par un expert traducteur » car ce sont les experts judiciaires qui ont effectivement prêté serment lors de leurs nominations ».

QU'EST-CE QU'UNE TRADUCTION CERTIFIEE ?

Une traduction certifiée est tout d'abord une traduction comme les autres. La différence essentielle réside dans le fait qu'elle est réalisée par un expert traducteur (très souvent appelé traducteur assermenté), c'est à dire agréé et expert auprès de la Cour d'Appel de sa région, qui appose son cachet sur les documents. Le traducteur assermente une traduction pour attester qu'elle est authentique, exacte et conforme à son document source, dans le but de lui donner un caractère légal et permettre ainsi à son client de la produire dans le pays étranger qui exige un document officiel.

ASSERMENTATION, LÉGALISATION ou APOSTILLE : quelle est la différence ?

Pour officialiser un document à utiliser dans un pays étranger, une assermentation de la traduction de vos documents peut suffire. Mais pas toujours. Parfois, d'autres démarches peuvent vous être demandées pour renforcer le caractère légal de votre document, parmi lesquelles :

- la légalisation : elle peut être réalisée par une mairie, un notaire ou une CCI. Le but est que l'autorité concernée vérifie l'identité de l’expert traducteur et qu'elle authentifie la signature dudit expert. Seuls les documents créés en France peuvent être légalisés en France. A défaut, il faut s’adresser aux autorités du pays où le document a été produit (consulats, ambassades).

- l'apostille impose un degré de sécurité supplémentaire puisque dans ce cas, c'est l'Etat qui se porte garant de la traduction assermentée. En France, pour une procédure d'apostille, après s'être déplacé en mairie ou auprès d'un notaire pour légaliser son travail, l'expert assermenté envoie la traduction à la Cour d'Appel qui certifie que la signature de l'officier de mairie ou du notaire est authentique et conforme à la procédure légale. Cette procédure peut donc être chronophage.

COMMENT SAIT-ON SI UN TRADUCTEUR EST RÉELLEMENT CERTIFIE ?

Rien de plus facile : un traducteur assermenté est expert auprès d'une Cour d'Appel. Pour vérifier qu'il est bien certifié, il suffit donc de demander à ladite Cour d'Appel la liste officielle des traducteurs experts. Vous pourrez ainsi valider s'il y figure.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 14:08
5 ERREURS RÉCURRENTES  DE TRADUCTION MÉDICALE

L’exactitude d’une traduction est toujours importante et le délai pour la réalisation d’une traduction urgente paraît souvent être une question de vie ou de mort. Cependant, dans le cas d’une traduction médicale, l’exactitude peut vraiment être une question vitale.

1 – LES ABRÉVIATIONS : UN FOISONNEMENT PERNICIEUX

Le problème se pose notamment lorsque le traducteur a affaire à des abréviations, ce qui est très souvent le cas dans les traductions médicales. Or, dans bien des cas, il y a plusieurs abréviations possibles pour un même terme, voire une même abréviation pour plusieurs termes. Une étude a analysé les erreurs médicales aux Etats-Unis : entre 1 500 et 30 000 d’entre elles sont dues à des abréviations ambiguës.

2 – NÉOLOGISMES, SYNONYMES ET ÉVOLUTIONS LEXICALES : D’AUTRES PIÈGES À ÉVITER

Un des traits particuliers du langage médical est l’apparition constante de néologismes, la présence massive de synonymes et la constante mise en concurrence de termes devenus obsolètes (ou en passe de l’être) avec de nouvelles dénominations. Le rythme de cette évolution rend souvent difficile la mise à jour et le correct référencement des dictionnaires et glossaires spécialisés, ce qui entraîne, à son tour, des problèmes de traduction.

3 – LE TRADUCTEUR MAL FORMÉ : LA SOURCE D’ERREUR LA PLUS FRÉQUENTE

Cependant, bien souvent dans le domaine médical, la cause de l’erreur de traduction est la même que celle des erreurs de traduction juridique ou de traduction marketing : un traducteur mal formé. Mentionnons deux exemples:

- Medullary thyroid cancer: On le trouve parfois traduit par « cancer de la moelle épinière », alors qu’on devrait utiliser la dénomination « carcinome médullaire thyroïdien ».

- Mild dementia a souvent été traduit en « démence douce », quand le terme correct est « démence légère ».

4 – LA TRADUCTION MÉDICALE PAR UN PROFESSIONNEL DE LA SANTÉ : UNE FAUSSE BONNE IDÉE

On peut alors être tenté de confier une traduction médicale à un médecin au détriment de bonnes connaissances linguistiques. Pourtant des tests montrent que mieux vaut opter pour un traducteur de formation spécialisé dans le domaine médical. Il semblerait, tout compte fait, que la traduction soit un métier, nécessitant un certain savoir-faire…

5 – LES INSTRUCTIONS MAL TRADUITES : UN EXEMPLE CONCRET

Le blog Mediapart rapporte le cas de 47 prothèses de genou mal implantées dans un hôpital de Berlin. La cause du problème ? Un mode d’emploi mal traduit. Le texte original, en anglais, faisait état de prothèses non-modular cemented. Cette expression a été traduite par « prothèses ne nécessitant pas de ciment ». Celles-ci ont donc été implantées sans ciment, avec les conséquences, fâcheuses, que l’on imagine pour les patients.

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 18:50
LA TRADUCTION JURIDIQUE : UN ENJEU IMPORTANT

Dans le contexte de la mondialisation des affaires, les relations contractuelles prennent toute leur importance, et l’accroissement des accords transnationaux entraîne une réelle imbrication des systèmes juridiques. Le besoin de traduction juridique de valeur ne cesse d’augmenter !

LA TRADUCTION JURIDIQUE EST UN EXERCICE COMPLEXE QUI DOIT ALLIER :

• des connaissances avancées en droit
• une maîtrise dans les langues sources et cibles
• des qualités rédactionnelles permettant de traduire les nuances du texte source.

Traduire un contrat anglais en français implique de passer du droit anglo-saxon au droit romain, et consiste à faire coïncider les principes des deux systèmes, parfois éloignés. Ainsi, le texte d’arrivée doit être équivalent et non identique, au texte de départ. Ceci est d’autant plus vrai que chaque système possède sa propre terminologie juridique !
Un traducteur juridique ne se contente donc pas de traduire, il effectue des recherches terminologiques et de droit comparé, pour que sa traduction soit en parfaite adéquation avec sa cible.
La traduction juridique n’est pas anodine et requiert connaissance, adaptabilité et finesse de traduction. Elle est même souvent bien plus difficile que d’autres types de traductions : les enjeux vont au-delà d’une traduction généraliste !

AVANT DE FAIRE APPEL A UN TRADUCTEUR JURIDIQUE :


Plusieurs points sont à vérifier avant de faire appel à un traducteur :

S’assurer de la confidentialité :
L’entreprise de traduction doit s’engager à respecter la confidentialité la plus absolue sur les dossiers qui lui sont confiés. Il est préférable si les documents sont sensibles, de signer un accord de non-divulgation.

Se poser la question de l’assermentation :

Les traductions doivent, dans certains cas, être certifiées conformes à l’original pour être reconnues par l’administration et avoir fait l’objet d’une apostille pour les autorités étrangères.

Seuls les experts traducteurs jurés sont habilités à mettre leur tampon et seul le bureau des apostilles peut délivrer une apostille.
L’assermentation d’une traduction représente un coût supplémentaire non négligeable. Il est donc important de s’assurer que l’expert traducteur possède de solides connaissances juridiques, et souhaitables, pour plus de sécurité, que le texte traduit soit relu par un traducteur juriste.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 15:19
QUI SONT LES JEUNES QUI APPRENNENT L'ANGLAIS A DISTANCE
Le phénomène des cours de langue en ligne a pris une nouvelle dimension ces dernières années, touchant un public de plus en plus large. Si, au départ, cette pratique était plutôt le fait de jeunes actifs voulant assurer leurs compétences en anglais, aujourd’hui de nombreux collégiens et lycéens font appel à ces services pour améliorer leur niveau.
C’est ce que démontre l’étude conduite par la société NovoEnglish qui dispense chaque année 300 000 cours d'anglais à distance (à raison de 75 000 heures annuelles) auprès des jeunes de 6 à 24 ans.
En analysant le comportement de ses 8 000 clients face à l'apprentissage de l'anglais à distance en 2014, il en ressort que 40% des jeunes qui recourent à des cours d'anglais à distance sont des collégiens. Plus étonnant, 1 jeune sur trois qui suit des cours d'anglais à distance est francilien. Enfin, 86% des cours d'anglais à distance se font via Skype.
De façon plus précise, les cours d'anglais à distance séduisent principalement les collégiens (40,88%), puis les lycéens (29,34%). Vient ensuite l'enseignement supérieur (15,81%) et, en dernière place du classement, les enfants du primaire (13,36%).
C'est surtout en Ile-de-France que les jeunes prennent des cours d'anglais à distance (34%) mais aussi en Provence-Alpes-Côte d'Azur avec près de 10%. En dernières positions arrivent les DOM TOM, le Limousin et la Corse.
Moins étonnant, les cours d'anglais à distance sont surtout suivis à la rentrée : octobre (10,39%), novembre (11,23%) et décembre (9,41%). Mais aussi au mois de mai (9,99%) pour préparer les examens, notamment le bac.
Selon Arnaud Carré, cofondateur de NovoEnglish, « les cours d'anglais par Skype, séduisent de plus en plus les jeunes et surtout leurs parents qui souhaitent que leurs enfants maitrisent cette langue indispensable pour leur avenir. Avec les nouveaux supports mobiles tels que les tablettes, les smartphones et le développement de la 4G, l'anglais par Skype peut se pratiquer n'importe où, n'importe quand, ce qui est très pratique et ludique. Les sessions courtes et régulières sont privilégiées pour une meilleure acquisition de la langue de Shakespeare. La demande est aujourd'hui en augmentation constante ».
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 16:45
Ce qui motive les jeunes à apprendre une langue

Les langues étrangères sont utiles, autant pour obtenir un nouveau poste à l’international que pour passer des vacances hors de nos frontières. Ainsi de plus en plus de jeunes prennent le temps d’apprendre une nouvelle langue. A ce jeu c’est évidemment l’anglais qui remporte la palm d’or. Selon une étude de Babbel, plateforme de cours en ligne, auprès de 45 000 personnes réparties dans le monde. 41% des jeunes âgés entre 18 et 24 ans planchent sur l’anglais. A l’inverse, l’allemand est la dernière langue la plus populaire parmi l'ensemble des utilisateurs de Babbel (9% des apprenants).

Suivant leur nationalité, les apprentis ne planchent pas sur les mêmes langues. Sur la plateforme Babbel, ce sont les Français qui sont les plus consommateurs de cours d’anglais (41% des Français de 18-24 ans), suivis par les Brésiliens (37%) qui sont aussi les plus curieux à apprendre le français. Ils sont 29% à apprendre la langue de Molière, devant les Américains (22%). Les Britanniques, eux, gagnent la palme de l’apprentissage de la langue la plus originale : 12% des jeunes se mettent ainsi au suédois, alors que 8% des jeunes Étasuniens planchent sur le norvégien.

Les motivations pour apprendre une langue sont quasiment les mêmes: le développement personnel et communiquer en voyage. Mais les 18-24 ans sont aussi bien conscients de la plus-value de la maîtrise d’une langue autre que maternelle. Ils sont ainsi 39% à étudier une nouvelle langue pour donner une impulsion à leur carrière, et 34% en prévision d'une installation à l’étranger. Les langues sont donc bien un outil clé pour être recruté ou pour s’intégrer sur le marché de l’emploi à l’étranger.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 13:38
Quand la version ukrainienne de Google traduction transforme "Russie" par "Mordor"

Google a corrigé un « bug » qui transformait, dans la traduction en ukrainien de son outil Google traduction, « Fédération de Russie » en « Mordor » – le pays contrôlé, dans Le Seigneur des anneaux, par le diabolique Sauron. De même, le service a brièvement proposé comme traduction « occupants » pour « Russes » et transformé le nom du ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, en « triste petit cheval ».

Ce n’est pas la première fois que le service de traduction automatique de Google, qui s’appuie principalement sur l’indexation de millions de pages Web traduites, sert de support à des plaisanteries de ce type. En 2012, Ségolène Royal avait ainsi été victime d’une blague sexiste dans l’outil de traduction de l’anglais vers le français.

La méthode employée est généralement la même : saturer le service d’un grand nombre de « suggestions de traductions » pour inciter le service à remplacer des mots par d’autres. Google traduction propose en effet aux utilisateurs de l’aider à améliorer ses traductions en proposant des expressions plus adaptées lorsqu’ils rencontrent une traduction erronée.


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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 17:00
"Mein Kampf" va être publié en français

Le livre programmatique de Hitler tombant dans le domaine public en 2016, Fayard a décidé de le republier dans une nouvelle traduction.

L'information agite Saint-Germain-des-Prés. La vénérable maison d'édition Fayard s'apprête à publier une nouvelle édition de Mein Kampf, la profession de foi qu'Adolf Hitler rédigea en 1924 et 1925. Le premier volume parut en Allemagne le 18 juillet 1925 et le second, le 11 décembre 1926. Selon l'historien Ian Kershaw, le tirage de Mein Kampf atteignit environ 10 millions d'exemplaires en édition originale jusqu'en 1945, ce qui représente près d'un foyer allemand sur deux. En 1938, une traduction approximative mais autorisée par l'auteur fut publiée en France, déjà par Fayard.

Celle-ci fut allégée, expurgée, voire carrément modifiée. Par exemple, la phrase « La France, nation impérialiste, est l'ennemie mortelle de l'Allemagne » demeure, mais, par le biais d'une citation de l'un des discours rapportés, devient, quelques pages plus loin, « La frontière entre l'Allemagne et la France est définitivement fixée. Les peuples français et allemand égaux en droit ne doivent plus se considérer comme ennemis héréditaires mais se respecter réciproquement. » Ce qui n'est évidemment pas la même chose...

Un important et scientifique appareil critique

Or, c'est en 2016 que le texte qui synthétise les folies et les noirs desseins du futur Führer tombera dans le domaine public. « Aucune législation ne nous interdit de mettre en vente ce livre », précise l'éditeur, qui a demandé au traducteur, le journaliste et biographe Olivier Mannoni, d'établir l'édition française. On lui doit à ce jour plus de 170 traductions...

« La publication de ce livre central dans l'histoire du XXe siècle sera accompagnée d'un appareil critique, établi par un comité scientifique d'historiens français et étrangers », précise Fayard. L'éditeur ajoute que « des détails sur le dispositif scientifique et académique encadrant cette publication, les partenaires associés à cette entreprise, ainsi que sur l'institution destinataire des éventuels bénéfices seront donnés en début d'année prochaine ».

Mon combat, qui annonçait déjà les 60 à 80 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, sera disponible dans le courant de l'année prochaine. Il semble qu'aucun autre éditeur ne se soit lancé dans une telle aventure tant l'entreprise est audacieuse. Le livre en allemand, qui frôle les 2 000 pages, est souvent incompréhensible et nécessite de nombreuses notes et précisions pour être replacé dans son contexte...

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 14:15
Anthea Bell, la « traductrix » historique d’Astérix

Anthea Bell l’a fait. Elle est même la seule traductrice à avoir adapté la totalité des 36 albums d’Astérix dans une même langue. Le dernier, Le Papyrus de César, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (les nouveaux auteurs de la série), n’a pas échappé à son examen : «C’est un album qui n’a pas été facile à traduire, dit-elle, ce qui est plutôt bon signe » quant à sa qualité.

On ne s’attaque pas à un monument aussi complexe linguistiquement qu’Astérix sans se rappeler la nature même de son métier. « Si on préfère l’esprit à la lettre, traduire Astérix n’est pas impossible, affirme Anthea Bell. Même pour les jeux de mots, il y a toujours moyen de trouver quelque chose de semblable, à défaut d’être exact. »

Un calembour n’en est plus un dès lors qu’il est traduit littéralement : l’ancienne élève du Somerville College d’Oxford (où passèrent Indira Gandhi et Margaret Thatcher) s’est adossée à cette conviction pendant plus de quatre décennies afin de s’autoriser une liberté littéraire qui pourrait presque lui conférer le statut de coauteure de la série dans sa version anglaise.

Son apport le plus notable concerne probablement les noms des personnages. Si Obélix et Astérix ont gardé le leur (asterisk et obelisk existent en anglais), Anthea Bell a dû rebptiser quelque 400 protagonistes. Le barde Assurancetourix est ainsi devenu Cacofonix – l’équivalent anglais d’assurance tous risques (all risk insurance) n’offrant aucun potentiel humoristique. Pour les mêmes raisons, le chien Idéfix a été baptisé Dogmatix outre-Manche, et le chef Abraracourcix à l’embonpoint généreux s’appelle, lui, Vitalstatistix (vital statistics signifiant notamment mensurations).

La trouvaille la plus osée d’Anthea Bell reste toutefois Getafix, le nom anglais donné au druide Panoramix. Dans le langage des consommateurs de drogue, « to get a fix » signifie « avoir sa dose » – de là à considérer les Gaulois « camés » à la potion magique, le pas est un peu rapide… « J’aurais pu garder Panoramix vu que l’adjectif panoramic existe aussi en anglais, mais je n’ai pas pu résister à faire ce jeu de mots. »

Imaginait-elle arriver un jour à ce niveau de créativité quand, à la fin des années 1960, un éditeur spécialisé dans la littérature de jeunesse, Brockhampton Press, lui a proposé de traduire Astérix ? C’était dix ans après le lancement en France de la série. « Personne n’avait osé publier ce personnage trop français pour amuser les anglophones », se souvient-elle.

Conscient de la difficulté, Brockhampton Press l’avait alors associée à un professeur de français, Derek Hockridge, dont la mission était d’identifier les références à la culture et à l’actualité françaises dans les albums originaux. Les premiers problèmes ne tarderont pas à surgir.

Après Astérix le Gaulois (Asterix the Gaul) et Astérix en Hispanie (Asterix in Spain), le duo part à l’assaut d’Astérix chez les Bretons (Asterix in Britain) dont l’action se déroule… en Grande-Bretagne. Une mise en abyme vertigineuse attend les deux experts. Dans la version originale, les Bretons s’expriment dans un français truffé d’idiotismes anglais : « Il est, n’est-il pas ? », « Je suis très reconnaissant à vous », « Une tasse d’eau chaude avec un nuage de lait, s’il vous plaît »... Inverser le point de vue tout en gardant l’effet comique est impossible. Bell et Hockridge se rendront à Paris pour proposer à Goscinny (qui parlait couramment anglais) leur solution : « L’utilisation d’un anglais précieux et désuet que personne n’a jamais vraiment parlé. »

Contourner l’obstacle, trouver ses propres astuces, tout refaire à sa sauce (à la menthe)… Les deux spécialistes vont s’en donner à cœur joie. Comment traduire le titre du quinzième album de la série, La Zizanie, dans lequel Tullius Detritus, un émissaire de César, sème la discorde au village ? Simple : Asterix and the Roman Agent, en référence à James Bond.

Comment angliciser Ocatarinetabellatchitchix, le prisonnier corse d’Astérix en Corse dont le nom est tiré d’une chanson de Tino Rossi ? Anthea Bell s’est souvenue d’une rengaine de marins peu aimable envers Napoléon (natif de l’île de Beauté), Boney was a warrior, Way-ah-ah. Le personnage s’appellera Boneywasawarriorwayayix – qui dit mieux ?

Souvent, comme ici, la traductrice va devoir puiser dans le folklore et la culture britanniques pour se sortir de casse-tête insolubles. Dans Le Cadeau de César, alors qu’Astérix se bat en duel, elle remplace dans sa bouche la célèbre « tirade du nez » de Cyrano de Bergerac par une réplique d’Hamlet croisant le fer avec Laërte.

Shakespeare est à nouveau appelé à la rescousse pour modifier le nom du chef breton Zebigbos, qui devient Mykingdomforanos – contraction du « My kingdom for a horse » de Richard III. Même l’hymne national britannique sera détourné afin de renommer deux légionnaires romains en Sendervictorius (Send her victorious) et Appianglorious (Happy and glorious…).

Ce goût pour les mots et les jeux qui vont avec, Anthea Bell dit l’avoir hérité de son père, Adrian Bell, un fermier du Suffolk devenu romancier, dont le passe-temps était d’écrire des mots croisés pour le Times. « Il était tout le temps en train de chercher des astuces. Ce qui est un peu mon cas, finalement. Un jeu de mots doit rester un jeu, même quand il s’agit de le traduire », confie cette mère de deux grands enfants (l’un est journaliste, l’autre universitaire).

Astérix n’est qu’une petite partie de son activité. Egalement germanophone, c’est par « centaines » qu’elle a traduit des romans, des essais et des livres pour enfants. Le petit Gaulois reste toutefois sa vitrine. Le job est « assez bien payé », reconnaît-elle, mais sans royalties sur les ventes, ce qui est fort dommage : 23 millions d’albums d’Astérix en langue anglaise se sont vendus dans le monde depuis la première traduction.

Son alter ego Derek Hockridge est mort il y a deux ans, mais Anthea Bell ne compte pas en rester là, à bientôt 80 ans. « J’aime travailler Je continuerai jusqu’à ce que les maisons d’édition ne veuillent plus de moi», dit-elle dans le salon de son cottage, entourée de ses chats sacrés de Birmanie. L’un porte le nom d’un personnage du Conte d’hiver de Shakespeare, Mopsa. Un autre s’appelle Violetta, comme l’héroïne de La Traviata. Aucun n’a été baptisé en référence à Astérix. « Les chats se prennent trop au sérieux », assure la vieille dame.

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